Quand Calogero troque les Zéniths pour la magie des théâtres
Après avoir arpenté pendant plus de dix ans les grandes salles et les Zéniths, Calogero avait envie de renouer avec son public autrement, de pouvoir le regarder dans les yeux. Il s’offre donc le luxe de jouer dans des salles plus petites, et c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers les théâtres, pour des retrouvailles intimistes.
Ce mardi 20 janvier, c’est au Palais des Beaux-Arts de Charleroi que le chanteur retrouvait son public belge. Trois coups frappés sur le plancher de scène rappellent le rituel sonore ancestral signifiant « Ça y est, le spectacle va commencer ! ». Le rideau rouge s’ouvre, et Calogero, au piano, entonne une chanson inédite créée spécialement pour cette tournée des théâtres, un émouvant hommage à ces lieux chargés d’histoire :
« Que seraient nos amours / Que seraient nos vies / Sans les sièges en velours / Et la magie?
Pour cette tournée, Calogero a choisi d’épurer ses chansons. Sur scène, il est accompagné de seulement deux musiciens, offrant une proximité rare et précieuse avec le public. La setlist mêle classiques incontournables, « Le Portrait », « En apesanteur », « C’est dit », « 1987 », « Le Feu d’artifice », « Tien An Men », « Danser encore », et titres plus récents. Parmi eux, « X » (prononcé 10), issu de son dernier album éponyme sorti en 2024, évoque l’échec scolaire et la quête de sa propre valeur en dépit des notes et des jugements négatifs reçus durant l’enfance, tout en faisant un clin d’œil à l’histoire de Diego Maradona, pour inspirer ceux qui se sentent en marge :
« Moi, on m’a dit / ‘Tu n’feras rien de tes dix doigts’ / Au barème de ces professeurs-là / J’ai cherché ma valeur et ma voie / J’ai cherché toute mon enfance, je crois / L’encre a tant saigné sur mes cahiers / Rouge comme des zéros pointés / Elle m’a laissé bien des cicatrices / Mais jamais, jamais, de dix sur dix. »
De nombreuses chansons ont été composées avec son frère Gioacchino. Entre deux morceaux, Calogero évoque ce lien puissant : « Il fait un refrain, je fais un couplet… ou l’inverse. » La chanson « Le Temps », par exemple, est née dans une gare, alors que Calogero écrivait le couplet en attendant son frère, et Gioacchino trouvait la mélodie du refrain dans le train.
Entre complicité fraternelle et hommage à ses inspirations, Calogero offre un concert riche et varié. L’artiste rend en effet hommage à ses influences, en reprenant « Comme ils disent » de Charles Aznavour, et témoigne de son attachement pour ses racines siciliennes avec un morceau qui ravit les fans locaux, nombreux à partager ses origines.
Multi-instrumentiste, Calogero passe du piano à la guitare, de la basse à la contrebasse, et implique le public à plusieurs reprises pour les chœurs. Il joue avec la pédale de loop pour multiplier les harmonies de sa voix, créant des mélodies séduisantes et enveloppantes. Sa joie de jouer est communicative, et la proximité offerte par ces théâtres rend le spectacle encore plus vivant et intime.
Et quand le rideau rouge tombe en fin de concert, les souvenirs de cette soirée restent suspendus comme un dernier souffle de magie. Chacun repart avec la sensation d’avoir partagé un instant unique, dans ce théâtre qui fait vibrer les cœurs autant que les notes.
Cette tournée des théâtres est un véritable défi pour Calogero : 150 dates sont prévues, offrant à ses fans l’occasion de le retrouver dans des salles plus proches et chaleureuses. Après Charleroi, il sera à Mons les 21, 22 et 23 janvier, pour trois soirées que l’on imagine déjà inoubliables.
